La viande et moi

Un petit billet d’humeur, ça faisait longtemps ! Attention pavé ! En ce moment, je suis de plus en perturbée et en contradiction avec moi-même au sujet de la viande. Pour vous la faire façon historique mais courte : j’ai vécu à la campagne jusqu’à ce ce que je quitte le nid familial vers 19 ans, ma famille avait des animaux de basse-cour et des lapins… mais mes grand-parents ont rapidement arrêté ça car chaque abattage donnait lieu à des psychodrames à la maison et personne ne voulait manger Pompom le lapin ou Gisèle la poule (noms fictifs)…  Cela avait cessé avant ma naissance, mais nos voisins, eux, avaient toujours des animaux « de bouche » et quand j’étais petite, j’ai assisté plusieurs fois à des abattages de poules/lapins/canard/cochons et autres bestioles et aujourd’hui encore je suis marquée par ces scènes d’horreur, et surtout pas les cris des animaux. Ado dans les 90’s, je suis tombée sur les horribles, mais néanmoins bien réelles, images tournées dans nos chers abattoirs par la fondation Brigitte Bardot (on pense ce qu’on veut de la meuf, moi je m’en fout, ce qui m’intéresse ce sont les animaux)… et là ce fut le drame : plus moyen de manger de viande, plus moyen de manger un « animal mort ». A chaque morceau de viande dans mon assiette, je voyais une vache, la fameuse image du cheval qui pleure, des cochons en batterie, des poulets blancs de ne jamais voir la lumière du jour… Je pleurai en voiture quand on dépassait un camion d’animaux en route vers l’abattoir… je pleurai devant les rayons boucherie des supermarchés… je venais de découvrir l’horreur des mauvais traitements des animaux en abattoirs et je ne m’en remettrai jamais vraiment…et à côté de ça j’ai développé un côté « SPA à domicile » fortement aidée par ma grand-mère qui partage mon amour pour les animaux, de nombreux laissés pour compte sont passés par chez nous (chiens, chats et même oies), certains y sont restés, mais on les a tous aimés. D’ailleurs, j’ai toujours eu des animaux de compagnie, j’en aurai toujours, et je mets un point d’honneur à ce qu’ils viennent de la SPA ou d’une autre association de protection des animaux. Alors évidemment, dans ma tête, il était de plus en plus difficile de comprendre pourquoi certains animaux sont choyés dans nos foyers et d’autres tués pour finir dans nos assiettes… Cela a duré près de 10 ans, où j’ai fait n’importe quoi avec mon alimentation, incapable d’équilibrer correctement mes repas que j’étais. A coup de pâtes et de sucreries, le résultat fut sans appel : je me suis retrouvée carencée en fer à 27 ans.

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Sur les conseils de mon médecin, j’ai réintroduit de la viande dans mon alimentation (en plus de compléments alimentaires divers et variés), et ce ne fut pas de la tarte, oh non… la mauvais conscience, la malbouffe, les images horribles de poules élevées en batterie dans ma tête… mais j’ai finit par arriver à apprécier un bon steak ou une bonne escalope de poulet… même de l’écrire ici me file le bourdon, je n’ai vraiment pas l’esprit tranquille avec ça.
Depuis quelques années, je remange donc de la viande, oui… mais… une à deux fois par semaine maximum et ma sélection est drastique, certainement ridicule pour beaucoup :

– pas de bébés animaux : parce que je ne peux pas me dire qu’on a même pas laissé vivre ne serait-ce qu’un peu les poussins/poulains/veaux/agneaux etc… Et puis de toutes façons, ce sont les viandes les plus malsaines, blindées d’antibios et autres merdes qu’on donne à ces bébés pour qu’ils grossissent plus vites, pour qu’ils soient rentables au plus vite.

– pas de cheval, pas de lapin : jamais, c’est impossible pour moi, on me demanderait de manger du chien que ça me ferait pareil.

– uniquement du bio et si possible du local : parce qu’il n’y a pas moyen que je donne le moindre centime à des éleveurs véreux, gestionnaires de véritables camps de concentrations pour animaux. Après on sait bien que le bio à ses limites et que chaque label définit quelque-chose de différent…

– pas de foie-gras : faut-il vraiment que j’explique pourquoi ?

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Mais tout ça… ça ne m’aide pas à avoir la conscience tranquille… si j’avais mieux équilibré mes repas, je n’aurai peut-être pas du repasser par la case viande… Repasser à un régime végétarien me tente de plus en plus, mais aujourd’hui, je sais équilibrer mes repas, je sais où trouver mes apports en protéines et en fer ailleurs que dans la viande…
Et puis on pourrait aussi parler des produits laitiers et de la vaste horreur qu’on fait subir aux vaches laitières :  leurs petits retirés à la naissance et envoyés à l’abattoir (et si, bien sûr qu’elles s’en rendent compte, ne soyons pas cons), les maintenir allaitantes à vie pour notre plaisir, et bien sûr les envoyer à l’abattoir après toute une vie de bons et loyaux services. Là aussi, je privilégie le bio, mais je reste lucide… à la fin les vaches subissent le même sort, non ? Ce qui ne m’empêche pourtant pas de consommer des produits laitiers… Voilà, ce post ne sert à rien car je n’arrive à aucune conclusion à part avoir mauvaise conscience… Bref, un billet d’humeur quoi…  Je suis en pleine confusion.

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3 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Beatrix Mira

    Pour moi aussi c’est une histoire compliquée la viande, et de plus en plus… Je pense que je finirai végétarienne voire vegan, mais pour le moment, ma « gourmandise » l’emporte sur ma conscience. Même si je mange peu de viande, c’est pas joli joli. A chaque documentaire ou article traitant de l’exploitation animale je m’arrête pendant 2-3 semaines, puis je reprends. Par contre je suis comme toi, j’achète bio et local (si possible à des éleveurs que je connais et chez qui je peux aller)!
    Je crois qu’il n’y a pas vraiment de conclusion à cette problématique, juste le cheminement de pensée de chacun d’entre nous…

  2. 2
    Aubergine

    Moi aussi, je pense finir vegan… peut être quand ma conscience ne supportera plus mes contradictions… Je trouve tout de même que ton attitude est bonne, c’est ce qu’on peut faire de « moins pire » tout en restant omnivore.

  3. 3
    Delphin

    Je suis passé vegan pour raison de santé, je ne mange plus « rien qui a une figure ou une mère »,j’ai abjuré les œufs, le lait, le poisson et je ne mets plus d’huile dans mon alimentation (la « bonne » huile d’olive c’est pour la peau en usage externe).
    Les bénéfices sont immédiats, plus de symptômes cardiaques, taux de cholestérol idéal, pas de carences (je suis suivi médicalement), je mincis, je respire mieux, c’est aussi bon que d’arrêter de fumer.
    J’ai grandi à la campagnes aussi, c’est moi qui tuais le lapin ou la poule du dimanche et qui éliminais les petits chats surnuméraires. C’était notre style de vie, ça ne me remplissait pas de joie, mais il fallait bien que quelqu’un s’y colle.
    Avec l’âge j’ai pris conscience du sort indigne réservé aux animaux de boucherie, du pillage écervelé des océans, et des dégâts environnementaux causés par les milliards d’animaux que nous élevons pour les manger. Quelle honte et quelle gabegie!
    Tout ça pour engraisser l’industrie agro-alimentaire et les laboratoires qui nous farcissent la tête de contrevérités. Au hasard le lait c’est bon pour la santé, c’est une source calcium indispensable, il faut manger du poisson pour les omégas 2,6,9,12, avalez mes gélules d’extraits de plantes etc…
    Bref adoptez un style de vie végétalien, vous sous porterez mieux et en « bonus » vous agirez contre la dégradation de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie de tout le monde, c’est un peu log mais voilà!

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