Lecture : La Servante Écarlate

J’ai acheté ce livre il y a un moment, je n’ai pas vu la série de peur d’être trop retournée, mais je pense que je tenterai de la regarder à l’occasion maintenant que je sais un peu à quoi m’attendre.

J’ai aussi mis un moment à me lancer dans la lecture de ce roman, le sujet me touchant très fort et l’histoire allant de plus en plus dans ce sens sur les sujets sociétaux…

Et une fois terminé, il m’a laissé sur le carreau avec mes réflexions, presque plus désemparée qu’avant la lecture.

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.


Assez peu de détails sont donnés sur ce qui a mené à la dictature qui régit ce qui semble être l’Amérique du Nord, ce roman du point de vue de Defred, parle surtout du concret, de la vie de tous les jours d’une servante. Une récit morne ou l’horreur est ordinaire, décrite sans fard ni sensationnalisme, décrite de façon anecdotique comme le serait la narration d’une averse. C’est ce qui m’a le plus frappée, le style est très plat, Defred raconte ses journées monacales, semées de flashbacks. Les Flashbacks sont les moments les plus durs du roman : l’avènement de la dictature étapes par étapes : perte  pour les femmes de leurs comptes en banque, puis du droit au travail, la séparation avec son mari et sa fille, la disparition de sa mère…

L’histoire change de cap une fois quelques failles dans le système trouvées et l’espoir d’une échappatoire  en ligne de mire. Mais le vrai sens et la vraie mise en lumière du roman vient de son épilogue ou un universitaire retrouve le journal de Defred bien des années plus tard et le décrypte durant une conférence. Une fois le livre refermé, il m’a laissé une impression glaçante, comme prémonitoire… ne jamais croire que nos droits sont acquis, restons vigilantes.

Raconter, plutôt qu’ écrire, parce que je n’ai pas de quoi écrire et que de toute façon il est interdit d’écrire, mais si c’est une histoire, même dans ma tête il faut que je la raconte à quelqu’un. On ne se raconte pas une histoire seulement à soi-même. Il y a toujours un autre. Même quand il n’y a personne.

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