Lecture : Le Grand Livre

J’ai fini ce roman la semaine dernière et… quelle claque ! J’ai absolument adoré, je ne sais même pas par où commencer !

Après avoir lu et bien aimé Sans parler du chien, j’ai eu envie de découvrir un autre roman de Connie Willis, et Le Grand Livre s’est imposé tout seul : voyage temporel, Moyen-Age et épidémie de peste, cela ne pouvait que me parler.

Voilà le petit résumé : Rangez vos pantalons en velours côtelé, vos ronds de cuir, votre pipe, vos vieux livres et tout autre cliché sur les historiens : depuis l’invention du transmetteur temporel, étudier le passé n’a plus rien d’une discipline poussiéreuse. Cette machine révolutionnaire permet aux professeurs de l’université d’Oxford de se rendre au coeur même des événements qu’ils auscultent, tant pour lever le voile sur certains épisodes encore méconnus que pour partager, le temps d’une mission, la vie de nos aïeuls. Mais attention, un saut dans le temps ne s’improvise pas : le candidat au voyage doit subir un entraînement drastique, comme l’apprendra Kivrin Engle, qui plus que tout désire se rendre au Moyen Âge. Langue, habitudes, vêtements… Pas un détail ne doit trahir sa véritable identité, car le moindre changement dans la trame historique pourrait avoir des conséquences désastreuses.

L’histoire se déroule en 2 pans : d’un coté Kivrin, étudiante brillante envoyée au Moyen-Age pour étudier les us et coutumes de nos ancêtres et de l’autre ses contemporains faisant face à une épidémie de grippe meurtrière et aux affres de l’administration pendant son voyage temporel.

Les deux récits s’entrecroisent et entretiennent mutuellement le suspens sur l’autre partie de l’histoire, le tout savamment dosé et avec une pointe d’humour british absolument délicieux et qui m’avait déjà bien plus dans Sans parler du chien. Mais Le Grand Livre n’est pas un roman drôle, loin de là. Ces touches d’humour allègent justement le récit qui sombre peu à peu dans l’horreur implacable de la peste. Car on comprend assez vite que malgré les calculs des techniciens, Kivrin arrive au début de l’épidémie de peste dans la région d’Oxford et non une quinzaine d’années avant comme prévu.

Le point fort de ce roman pour moi est la façon dont l’auteur nous plonge au Moyen-Age avec plein détails qui font que cela semble tout à fait correct historiquement, les descriptions sont quasi « organiques », et surtout ses personnages auxquels on s’attache et que la maladie va immanquablement frapper d’une façon ou d’une autre. L’intensité dramatique grandit au fur et à mesure pour arriver à une apocalypse que l’on sent venir dès le début. Je l’avoue, j’ai versé ma petite larme et j’ai lu toute la fin du roman un peu assommée par tant d’émotions mais impossible de le lâcher !

Une chose est sure, si les autres romans de Connie Willis sont de cette qualité, j’ai vraiment hâte de les lire !

petite citation pour finir : Le ciel s’était dégagé et un tapis blanc recouvrait le village. Figé hors du temps, pensa Kivrin. La neige dissimulait le fait que les cabanes étaient délabrées, les clôtures branlantes et les huttes sordides. Les lanternes faisaient scintiller les cristaux de glace mais c’étaient les étoiles qui lui coupaient le souffle… des centaines, des milliers de joyaux miroitants dans un écrin de nuit. 

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