Ma mini cure de désintox Facebook

Récemment, j’ai fait une pause Facebook, bon, rien de méchant, juste 15 jours sans poster quoique ce soit, ni suivre mon fil d’actu sur mon compte personnel. J’ai par contre continué d’alimenter ma page couture, flickr et Instagram. J’en avais tout simplement marre d’être tout le temps dispo, sollicitée, voir emmerdée pour des bêtises, marre aussi de subir toutes les infos horribles (avec photos bien sûr) et les hoax que beaucoup partagent sans vérifier quoique ce soit, cela me donnait un sentiment de connexion permanente et de dépendance finalement. Alors j’ai tout coupé, viré les applications de mon téléphone (FB, Pages et Messenger), et fait… autre chose !

Je me suis découvert des réflexes que Facebook m’a induit et qui sont en fait très cons. Par exemple, en lisant les actus sur le web, je suis bien entendu tombée sur l’affaire du dentiste américain qui a tué un lion au Zimbabwe. Mon premier réflexe en lisant cet article a été de vouloir le partager sur Facebook, sauf que je n’avais plus Facebook… et finalement… ça ne sert à rien de faire ça. Ok, je partage mon indignation, mais encore… mes amis touchés par l’histoire auraient aimé que je m’indigne comme eux, ok. Sauf que, mes amis facebook ont pour beaucoup d’entre eux des valeurs communes avec les miennes, notamment la cause animale, rien de neuf sous le soleil donc. Peut-être que quelqu’un aurait lancé l’éternel « oui mais personne ne se soucie du sort des petits africains qui meurent de faim », il y aurait peut-être eu ce sempiternel débat stupide qui oppose les différentes causes (comme si on ne pouvait pas en soutenir plusieurs… et comme si soutenir la cause animale interdisait de donner à MSF et autres ONG). Bref, tout ça pour dire que cela aurait été une perte totale de temps, sans aucun intérêt, qui ne fait rien avancer et donne une certaine image de moi. Image qui est finalement une sorte de caricature.

En regardant ma page personnelle, j’ai remarqué que j’ai énormément parlé des choses qui m’indignent, mon mur ressemble à celui d’une activiste forcenée… super, c’est tout moi… en regardant dans le détail, j’ai posté sur ces thèmes : le harcèlement de rue, le féminisme en général, l’écologie/environnement et la cause animale… Ces sujets me touchent bien entendu profondément et m’intéressent, mais j’en parle finalement peu IRL, du moins je ne passe pas ma vie à interpeller les gens sur ces sujets. Et puis en partageant tout ça, je n’ai aucunement fait avancer le débat, aucunement fait bouger quoique ce soit puisque les gens avec lesquels je partage sur ce réseau social sont dans leur immense majorité également sensibles à ces sujets. Pour faire bouger les choses sur ces sujets, il faut aller voir ceux qui s’en foutent et dont on peut faire bouger la mentalité, sauf que je n’ai pas le courage de faire ça. Je n’ai finalement fait que me mettre dans un climat de stress en lisant et partageant des choses qui m’énervent.

Attention, qu’on soit d’accord, je trouve ça très bien de s’informer, d’avoir son avis et d’essayer de réagir en faisant quelque-chose de concret. Parce que croire qu’on a fait sa BA en partageant un article… comment dire… Je continue bien sûr de m’informer sur les sujets qui me tiennent à cœur, mais uniquement parce que je l’ai choisi, je n’aime pas le fait de subir l’actualité, c’est d’ailleurs aussi pour ça que je ne regarde plus la télé et que je n’écoute plus la radio.

Autre réflexe stupide que je me suis induit, c’est de consulter Facebook quand je m’ennuie, quand j’attends mon tram, où que je n’ai rien de mieux à faire… sauf qu’en fait, si, j’ai toujours mieux à faire de ce temps là. L’ennui, c’est créatif, c’est quand je « m’ennuie » que j’ai des idées de choses à coudre, et puis je me plains tout le temps de ne pas avoir le temps de lire mes bouquins… au lieu de traîner sur Facebook…

Enfin, 3ème chose que j’ai remarquée en étant loin de Facebook pendant quelques temps : les gens s’inquiètent… et ça c’est vraiment bizarre. Certains se sont inquiétés de mon absence sur le réseau social, pensant qu’il m’était arrivé quelque-chose pour ne plus participer alors que je postais toujours sur flickr, Instagram, ma page couture, tumblr et mon blog,  je n’avais donc de loin pas disparu du net (cela dit c’est super gentil de s’inquiéter pour moi <3 ). J’ai même reçu des relances automatiques par mail du réseau social qui m’alertaient du nombre considérable de choses que j’étais en train de rater. Cela m’a donné l’impression que si je ne suis pas sur Facebook, je ne fais partie du truc où TOUT se passe. En discutant avec des amis, la discussion finissait inévitablement tomber sur une phrase du type « Ah mais tu n’as pas vu sur Facebook ? »… Y’a pas que Facebook sur le net…

Ce que je retire de tout ça, c’est que pendant 15 jours, j’ai pris plus de temps pour créer des choses et pour lire et que c’est positif. Toutes ces petites choses, je les ai aussi partagées sur d’autres support moins anxiogènes. Facebook ne m’a finalement plus vraiment manqué et mes réflexes auto-induits se sont estompés au bout de quelques jours.

Aujourd’hui j’ai récupéré les appli sur mon téléphone et je reposte, mais plus de la même façon. C’est tout de même un moyen formidable de garder contact avec des personnes éloignées géographiquement, et de partager facilement avec beaucoup de monde. J’aime beaucoup le système de « pages » pour ma couture par exemple.

Quant à mon compte personnel,  j’ai décidé de ne plus y relayer bêtement des infos anxiogènes, ou des réactions à chaud sur des sujets qui me touchent. Je n’ai envie d’y partager que des choses que je trouve intéressantes ou drôles, de la musique que j’aime, ou des choses que je trouve belles et inspirantes. Je ne veux plus avoir de débats stériles sur mon mur, ni poster de choses trop personnelles. J’ai envie que le temps libre que je passe sur ce réseau social soit plus empreint de positivité, et moins source de stress. La vie est suffisamment source de stress pour ne pas s’en rajouter ailleurs, non ?

cat in temple (Zen cat)

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