Comme à chaque nouveau projet, je commence par rassembler des images de références du costume que je souhaite reproduire. Dans le cas de Cersei, les photos de la vente aux enchères des costumes de la série sont une mine d’or d’informations, par exemple, j’ai pu y voir que la ceinture serre-taille n’est pas juste composée de pièces de métal dorées. Ces pièces sont en fait fixées sur un corset fait dans le même tissu que la robe, d’où l’effet trompe l’oeil.
Je détaille ensuite les éléments du costume avec un petit montage :

Voici les tissus que j’ai choisi, en sachant que je ne cherche pas à être « screen accurate », je veux juste que le personnage soit reconnaissable. De plus, je cherche à faire un maximum de recyclage et d’économies. Cela implique d’utiliser ce que j’ai déjà dans mon atelier, à faire le moins d’achats possibles, et si je dois en faire, je privilégie la seconde main ou les stocks dormants, les bons plans divers et variés. C’est vraiment rare que j’achète du neuf plein tarif.

- Le rouge est un tissu d’ameublement de 2,5 mètres de largeur. Je l’ai trouvé en usine de recyclage textile. J’ai un établissement de ce type dans ma ville où on peut acheter des tissus au poids avant qu’ils ne soient réexpédiés pour être revendus ou incinérés. En terme de matière, c’est clairement du synthétique d’après mon test au briquet, vraiment lourd, il doit être fait pour coudre des rideaux j’imagine. C’est très bien pour le genre de tombé que je recherche, mais il est aussi étonnement un peu fragile et ne doit pas être trop tendu. Quand j’ai vu ce tissu à l’usine, j’ai directement pensé à Cersei. Il dormait dans mon atelier depuis au moins 5 ans. Il était temps que je me mette à ce costume !
- Le doré est une doublure polyester que j’ai acheté à 2€ du mètre sur un site qui revend des stocks dormants issus d’usines de confection. Il est plus doré qu’ocre comme sur la référence, mais pour le coup, ça me rapproche des couleurs des Lannister comme dans les romans : rouge et or.

- Je me base sur le patron McCall’s M6940 pour cette robe. Une des vues à une encolure vraiment très proche du design original. Il a fallu que je fasse beaucoup de modification sur la forme de la jupe et des manches. Et comme toujours, je trouve que les patrons de cette marque taillent vraiment grand, donc il y aura forcément fallu pas mal d’ajustements à ce niveau là. La ceinture du patron est vraiment trop différente pour que je l’utilise, je me servirai d’un patron de corset underbust pour la faire. J’ai ce patron dans ma patronthèque depuis tellement longtemps que je ne sais plus où et quand je l’ai acheté. Mais ça date d’une période où j’ai voulu collectionner tous les patrons inspirés de Game of Thrones, car je sentais que leur disponibilité n’allait pas durer.
Je me note les étapes sur un petit carnet et je les coche au fur et à mesure de mon avancement. Pour la parementure du col, j’ai choisir d’utiliser un entoilage thermocollant pour sac à main, donc particulièrement rigide. J’avais peur qu’avec un entoilage classique, cela ne suffise pas à tenir la forme. J’utilise toujours la moindre chute d’entoilage, vous pouvez voir mon petit puzzle dans la galerie ci-dessous :
Concernant les manches, j’ai gardé la forme générale du patron, mais j’ai improvisé sur le placement de la doublure pour avoir ce petit décalage entre le tissus rouge et la doublure. Evidemment, Mimi a mis la main à la pâte pour le controle qualité.
Pour le corset, j’ai utilisé le patron M2032 de chez McCall’s en base. J’ai modifié les pièces pour avoir la forme montante du milieu devant et dos. Puis j’ai également fait remonté la taille sur les côté pour avoir cet effet plus échancré. Pour renforcer le corset, j’ai utilisé un tissu d’ameublement pour canapé qui est très rigide et que j’ai en plus entoilé. Pour les chemins de baleines, j’ai utilisé mon fidèle rouleau de biais à carreau qui me sert sur quasi tous mes projets.
Pour pouvoir fermer le corset et mes milieux devant et dos en une pièce, j’ai choisi de faire 2 laçages dans le dos entre les côtés dos et le milieu dos. Comme je déteste poser des oeillets en métal, j’ai préféré faire des oeillets brodés à l’aide d’un poinçon pour écarter les fibres.
J’ai ensuite enchainé sur les pièces d’armures et le collier. Quand je le peux, j’opte toujours pour de l’impression 3D car je trouve ça accessible, joli et durable. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de fichiers pour ce costume, cela m’a dont poussée à utiliser de la mousse EVA. Je n’aime vraiment pas travailler avec la mousse, car je n’ai jamais de résultat qui me plaise vraiment et je trouve que les pièces s’usent trop vite. Cela dit, pour une fois, je trouve que je m’en suis bien sortie. J’ai une Cricut depuis des années et je ne m’en étais jamais vraiment beaucoup servi, et c’était l’occasion de voir son potentiel pour le cosplay. J’ai commencé par dessiner mes pièces dans inkscape qui est un logiciel gratuit et open-source qui permet de créer des dessins vectoriels (merci à mon conjoint de m’avoir montré comment faire). J’ai ensuite pu importer mes fichiers svg dans l’interface Cricut et faire des tests jusqu’à ce que je sois satisfaite du rendu. Cela m’a pris une bonne dizaine de jours à tester et ajuster mes fichiers le soir en rentrant du travail, mais ça en vaut la peine. J’ai aussi fini par « investir » dans un petit décapeur thermique, mais j’ai vraiment pris le premier prix et un petit format, pour pouvoir affiner les reliefs et former les pièces. Vraiment, ça fait une énorme différence. Je suis maintenant que j’irai moins à reculons vers ma mousse EVA, cela dit, je trouve que ça génère tout de même beaucoup de déchet.
Pour les décorations des pièces, je n’ai pas non plus trouvé de fichier en 3D qui me plaise, et j’ai voulu tester une technique que j’avais vue sur les réseaux sociaux : la colle chaude et les moules en silicone. Je me suis dégoté des moules sur Etsy, et je les ai simplement rempli avec mon bon vieux pistolet à colle chaude (j’ai un modèle pour enfant acheté une poignée d’euros chez Cultura il y a des années, il tient toujours le coup !) Le résultat est assez bluffant, cela donne des pièces légères, souples et faciles à peindre. Voilà le résultat de la mousse coupée à la Cricut, des pièces en colle chaude et de la peinture :
Pour fixer mes pièces d’armure sur le corset, j’ai choisi d’utiliser des aimants pour que le tout reste amovible pour l’entretien. J’ai donc fixé des aimants à la colle chaude sur le dos des pièces, et ceux du corset sont placés dans des petites poches cousues directement sur le corset :
Et voici le résultat sur mon mannequin en attendant un shooting photo :





































